Deux mains pour le dire

Texte et Illustrations de couverture : Didier JEAN & ZAD

En rentrant de vacances, Manuel est très déçu : son meilleur copain, Jonathan, a déménagé. Dans les lettres qu'ils échangent, Manuel lui explique que la fille des nouveaux locataires, Lisa, est bizarre. Elle ne répond pas quand on lui dit bonjour et ne se retourne même pas quand on l'appelle. Vexé, Manuel commence par la détester. Mais lorsqu’il apprend que la jolie Lisa est sourde, le garçon change d’attitude. Pour elle, il va apprendre la langue des signes. 

Code EAN : 9791091081122

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7,00€

UTOPIQUE n'a pas vocation à éditer des romans, mais ce titre est une réédition d'un ouvrage paru chez Syros en 1999 dans la collection Les uns les autres, puis réédité en 2004 et 2006 dans la collection Tempo.
Épuisé depuis quelques années, cette réédition s'imposait pour répondre aux demandes régulières sur ce roman phare de Didier JEAN & ZAD.

IL A REÇU DE NOMBREUX PRIX :

> Prix Renaudot Benjamin
> Prix "Des mots de d'écrit" de Denain
> Prix Jack London

> 1er prix salon du livre d'Annemasse
> 1er prix des Drôles et des Drôlesses

RÉÉDITION
Texte intégral - Nouvelle illustration de couverture

  • Age à partir de 9 ans
  • Hauteur 18 cm
  • Largeur 12,5
  • Prix : 7,00 €
  • Type d'ouvrage Roman 120 pages
  • Date de parution FÉVRIER 2014

BLOG LISEZJEUNESSEPG

11 septembre 2016

Etre dans sa langue, c’est être soi et, avec l’autre, s’entendre

JEAN Didier & ZAD, Deux mains pour le dire, éditions Utopiques, 2015 (1ère édition 1999, Syros), 118 p. 7€

Ce livre mérite d’être replacé dans le contexte historique qui l’a vu naître. A la fin des années mille neuf cent quatre-vingt-dix, la revendication de reconnaissance  de la minorité sourde augmente son impact sur les cercles politiques et d’éducation. Le mouvement général autour de l’intégration scolaire est en marche dans l’éducation, mais encore ses dispositifs restent disparates. La langue des signes est certes reconnue mais non encore installée dans l’horizon institutionnel national. Jean & Zad épousent le mouvement revendicatif et livrent un roman finement engagé pour la cause sourde.

L’histoire est bien saisie, nouée autour d’une relation sentimentale entre deux adolescents. L’éclairage social est intelligemment projeté, sans aucun didactisme. Les personnages campent une vie de quartier urbain avec réalisme. Certes, on pourrait regretter quelques stéréotypies dans la présentation de la langue des signes (pages 89 et 90) mais ceci ne peut enlever au récit son élan à poser la question sourde au sein de l’idéologie sociale de l’intégration.

Quinze ans plus tard, le livre apparaît comme un document de l’histoire immédiate. La langue des signes est devenue langue officielle au sein de l’éducation nationale, le bilinguisme (langue des signes française / français) est institutionnalisé. Si, dans les textes officiels, la question de l’intégration a pris les atours de l’inclusion (années 2000) puis de la scolarisation (2010),  la question de la surdité comme contribution à un multiculturalisme différentialiste est au centre des débats. Ce multiculturalisme, qui cultive le droit à la différence, ne ghettoïse-t-il pas le sourdisme en se prévalant de l’intégration/inclusion ? Force est de constater que la société et le pouvoir politique lui a assigné une place sur un échiquier des différences où chaque différencié, si on ose dire, se sent à sa juste place… ce qui revient à accepter l’ordre social existant. A l’inverse, une autre voie, humainement plus féconde, ne se tracerait-elle pas dans la bataille pour une reconnaissance de ce qui est, par exemple,  des difficultés d’apprentissage du français réellement constatable chez les sourds. Cette voie ouvrirait, notamment, à une position égalitaire, que certains envisagent comme un métissage culturel, position qui déjoue l’idéologie de l’intégration et son corollaire le multiculturalisme pour faire entendre une voix dissidente : l’autre, ce n’est ni le différent ni le même, c’est juste la preuve de l’existence des relations humaines. La voie nouvelle ce serait de dire que quand la différence est conçue comme moyen d’identification, elle devient une déclinaison quasi policière de son identité, alors que ce n’est que dans le travail sur la singularité que se reconnaît la dimension humaine de la vie sociale.

Lorsque le livre de Jean & Zad paraît en 1999, ces questions sont à l’état embryonnaire, mais leur présence transparaît à la lecture. Et c’est ce qui rend opportune cette réédition : ouvrir à une lecture rétrospective critique qui remettrait en question les préceptes essentialistes et libéraux du « je suis ce que je suis » ou du « deviens ce que –de toute éternité- tu es ». On en comprend aisément l’enjeu pour aujourd’hui. En effet, le différencialisme, qui isole, bâtit des frontières étanches et l’égalité y est une illusion entretenue puisqu’elle s’y définit comme un droit à être à sa place, une place à part, donc l’acceptation d’une inégalité des espaces sociaux occupés. Au contraire, la relation amoureuse des deux adolescents de Deux mains pour le dire pointe l’altruisme inhérent à chaque langue. En effet, cette relation n’a été rendue possible que par l’effort fait à comprendre l’autre dans sa langue. Le roman deviendrait alors une leçon de philosophie politique pratique.

Philippe Geneste

http://lisezjeunessepg.blogspot.fr


ENCRES VAGABONDES

22 janvier 2015

Ce roman a été écrit entre 1997 et 1999, époque où le web et les téléphones portables n’étaient pas aussi développés qu’aujourd’hui surtout chez les adolescents. Pour cette réédition, Didier Jean et Zad ont décidé de ne pas "actualiser" le roman. Il n’y a donc pas de SMS, ni d’Internet.
Des évolutions ont aussi eu lieu dans le monde de la surdité. Un certain nombre de parents et de personnes sourdes choisissent maintenant l’implant cochléaire, technologie médicale qui modifie bien des choses pour les personnes sourdes profondes qui peuvent ainsi mieux percevoir les voix et les sons environnants.
Deux mains pour le dire a pour thème la découverte de la surdité (...).  
Comment accepter les différences ? Comment se faire accepter ? Toutes ces problématiques sont abordées dans ce roman qui permet aux jeunes de réfléchir sur le droit à la différence et l’acceptation de l’autre avec ses spécificités.
(...)
Manuel va donc découvrir peu à peu ce qu’est la surdité et apprendre la langue des signes avec Lisa.  
Quand le livre a été écrit, la correspondance postale était l’un des seuls moyens de communiquer à distance ce qui explique la forme épistolaire d’une partie du roman qui alterne avec le récit.
Un très beau roman sur la tolérance, la découverte de l’autre et de ses richesses et sur l’importance de ne pas se fier aux apparences.     
Ce livre a obtenu de nombreux prix : Prix Renaudot Benjamin, Prix Jack London, 1er Prix du Salon du livre d’Annemasse, 1er prix des Drôles et des Drôlesses…

Brigitte AUBONNET

Lien vers Encres vagabondes


MAMAN BAOBAB
Vendredi 10 octobre 2014 

Mauvaise nouvelle pour Manuel à son retour de colo dans l'immeuble, son meilleur ami Jonathan a déménagé aux Pays-Bas. Son père a été muté et en trois coups de cuillères à pot, voilà la famille expatriée. Dur pour Manuel qui partageait beaucoup avec Jonathan, notamment un élevage secret de fourmis. C'est en allant frapper à la porte de l'appartement déserté que Manuel croise cette drôle de fille du 2e. Une folle ? Elle est jolie en tout cas même si elle le snobe plus tard au supermarché. Le contact est maintenu avec Jonathan avec qui Manuel entretien une relation épistolaire. En parallèle la vie continue bien entendu, et c'est par hasard que le jeune garçon croise à nouveau la jeune fille, à une soirée déguisée. Il apprend alors qu'elle est sourde. Pas étonnant alors qu'elle ne lui réponde pas quand il l’interpelle. Petit à petit les deux ados s'apprivoisent et se lient, pas sans qu'elle lui fasse vivre une épreuve lors d'une soirée à laquelle elle l'invite avec d'autres ados malentendants. Manuel décide d'apprendre la langue des signes françaises, elle lit sur lèvres et oralise quand nécessaire. Une ardoise se glisse de temps en temps entre eux également. Dans un contexte ordinaire ou presque - à une crise d'appendicite près - voici un roman accessible et facile à lire qui aborde avec douceur et simplicité différences et ponts entre entendants et malentendants. Un sujet original et intéressant, développé en annexe à la fin de l'ouvrage.

Drawoua

Lien vers le site de Maman baobab


CRITIQUES LIBRES

Avril 2014

"Deux mains pour le dire" est un ouvrage qui permet d'approcher le monde des malentendants. Tel "Les yeux clairs" d'Ernest Pérochon, un roman scolaire qui rencontra un très large succès dans les Années Trente et démarrait avec la visite de l'Exposition coloniale de 1931, le récit s'appuie en partie sur la correspondance régulière entre deux jeunes d'une douzaine d'années. Avec Ernest Pérochon, l'un est resté à Paris tandis que l'autre s'est expatrié dans le Poitou. 

D'ailleurs clin d’œil voulu ou pas dans "Deux mains pour le dire" le personnage principal rentre d'une colonie au début du récit. Nous sommes presque au XXIe siècle quand ce récit est écrit et il s'agit évidemment d'une colonie de vacances. (…)

Si Manuel est resté dans sa ville qui semblerait plutôt appartenir à une région du Centre-Ouest ou du Sud-Ouest, par contre Jonathan a dû suivre ses parents en Hollande. Manuel va rejeter puis progressivement se rapprocher de Lisa une nouvelle locataire de son immeuble. Cette dernière est sourde et Manuel se mettra à l'étude de la langue des signes.

Cinq pages documentaires sont proposées autour l'univers des sourds et leur moyen de communiquer entre eux. 

Il est à noter que les éditions "Utopique" prennent la suite de "2 Vives Voix" pour des questions de label.

Jules ROMAN


Livres à découvrir

  • L'univers fascinant du Dominatus