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BISOUS DE FAMILLE
Le Printemps d'Aubaka
- Type d'ouvrage Album illustré
- Texte Didier JEAN & ZAD
- Illustrations Pierre-Yves CEZARD
- Âge à partir de 8 ans
- Date de parution Février 2022
- Distinction Sélection 1,2,3 albums de Livralire en 2023
Colorisation : Caroline TACONET
Dans la ville d’Aubaka, le nouveau roi a tiré la sonnette d’alarme : une horde de barbares rôderait aux abords de la cité, menaçant la paix qui y règne pourtant depuis si longtemps. Sans plus tarder, le souverain impose aux habitants des mesures de plus en plus contraignantes pour protéger le royaume de ce terrible danger…
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Album sélectionné par l’association Livralire, 17e Voyage intergénérationnel 1,2,3, albums (2023)
Même si personne n’a vu le début du commencement de l’ombre d’une menace, petit à petit, la peur fait son nid. La peur de l’autre, de l’étranger, gagne le peuple et le rend docile face à la perte progressive de ses libertés.
Heureusement, Milann, jeune homme de retour d’un long voyage, choqué de voir sa ville ressembler, dorénavant, à une prison, va faire prendre conscience aux habitants d’Aubaka qu’ils se sont laissé peu à peu endormir, comme la grenouille de la fable qui a inspiré cette histoire.
• Une histoire universelle et intemporelle pour sensibiliser au pouvoir de la résistance.
• Ou comment la peur de l'autre et de l'étranger mène au tout-sécuritaire.
• Une ode à la défense de la liberté d'expression, au droit de vote et à la démocratie.
• De l'importance de l'action collective face au totalitarisme.
Quelques pages à feuilleter ci-dessous :
| Hauteur | 33 cm |
|---|---|
| Largeur | 23 cm |
| Poids | 500 g |
| Prix | 18 € |
| Reliure | Rembordée |
- Le Printemps d'Aubaka 2482 Ko
- Comminiqué de presse 1613 Ko
OPALIVRES
Juin 2022 - Sélection 2022
Dans le pays d’Aubaka, à la mort du bon roi Aleksander X, arrive sur le trône un successeur bien différent.
Celui-ci, obsédé par la sécurité, ne jure que par l’armée et ordonne la levée d’impôts nécessaire à la protection du pays et de ses citoyens.
Le peuple d’Aubaka, habitué à une paix durable, s’étonne et refuse tout d’abord.
Mais quelques manipulations habiles et mêmes mensongères plus tard, les habitants acquièrent la conviction qu’il est effectivement absolument nécessaire de se protéger. Dès lors….
De très jolies illustrations au service d’une histoire intéressante qui montre comment une manipulation progressive et habile peut endormir et tromper tout un peuple, à l’instar de la fable de la grenouille (que je vous invite à découvrir ou redécouvrir dans le livre).
Une mise en garde toujours nécessaire qui invite à agir avec vigilance et à toujours exercer un regard critique.
Un album bien écrit, aéré, aux illustrations très soignées qui s’adresse à des lecteurs à partir de 7 ans.
Retrouvez cette chronique sur le site d’Opalivres !
LIVRJEUN
Juillet 2023
Le bien-aimé roi d'Aubaka est mort après 50 ans de règne paisible. Son héritier est autoritaire et impopulaire. Sa première mesure : l'augmentation des impôts pour lever une armée puissante est rejetée. Pour asseoir son pouvoir, il va distiller la peur de l'ennemi sans réelle preuve d'une quelconque menace. Des barreaux sont installés aux fenêtres, un mur d'enceinte est construit autour de la cité... Le royaume se referme sur lui-même jusqu'au jour où un jeune homme revient à Aubaka après un long voyage initiatique à travers d'autres contrées. Il ne reconnait pas sa ville devenue grise et triste. Petit à petit, ses compatriotes, témoins de ses infractions sans dommage aux restrictions imposées par le monarque, lui font confiance et contestent puis enfreignent les décisions royales.
Ce bel album nous décrit le passage d'une royauté bienveillante à une monarchie dictatoriale puis à la démocratie.
Des anachronismes parsèment les illustrations : l'histoire semble se dérouler au Moyen-Age (les soldats sont armés de hallebardes, un antique moyen de levage permet la construction de l'enceinte de la cité...) cependant des fils électriques, une voie de chemin de fer, des antennes de télévision sont comme des clins d'oeil dans ce décor. Ces détails contemporains sont peut-être là pour nous indiquer que cette situation a traversé les époques mais reste d'actualité. La morale de cette histoire, c'est que la peur instillée petit à petit peut permettre d'endormir tout un peuple, celui-ci devient alors plus facile à manipuler. Un regard extérieur et différent peut faire prendre conscience aux habitants d'Aubaka (entres-autres) qu'il existe une autre réalité.
Cette histoire est Inspirée de la fable des deux grenouilles. L'une est plongée dans l'eau bouillante et s'en échappe aussitôt, l'autre est déposée dans l'eau froide réchauffée très progressivement, elle se laisse prendre au piège et finit ébouillantée.
Selon la formule consacrée : « Toute ressemblance avec des personnes ou des situations ayant existé ou actuelles ne saurait être que fortuite ».
Geneviève MOUMNEH
Retrouvez l’article sur le site de Livrjeun !
NVL la revue
Septembre 2022 • N°233
La ville d’Aubaka a été transformée en prison par un monarque. Impôts injustifiés, présence militaire dans les rues. La peur et la désinformation verrouillent la ville. Chacun s’isole, des barreaux sont posés aux fenêtres, un mur d’enceinte est construit.
Milann, jeune homme indépendant, parcourt la campagne, découvre qu’il n’y a aucun ennemi, organise une désobéissance pacifique avec des affiches satiriques pour dénoncer les manipulations du pouvoir royal.
Le monarque en fuite, le peuple découvre le vote et les valeurs démocratiques.
Un album pour les 8 - 10 ans qui pose la question du droit à la parole et à la liberté, des valeurs précieuses dans le contexte actuel.
C.D.
LE LIVRE ET L'ÉCOUTE
Septembre 2022
Dans cet album, les enfants lecteurs découvriront la manipulation progressive d’un nouveau souverain fort habile, qui va mettre sous son emprise tout un peuple et le tromper.
C’est un outil parfait qui permet de développer le sens critique et d’aborder le thème de la manipulation.
Les illustrations sont hautes en couleurs et soignées.
Le texte est bien écrit.
Avis : Vivement recommandé
Martine DISSE, assistante de service social et médiatrice du livre - Saint-Germain en Laye
LE JOURNAL DE L’ANIMATION
Septembre 2022 • N° 231
Voici une fable contemporaine sur le pouvoir de la résistance. Dans la ville d’Aubaka, le nouveau roi a tiré la sonnette d’alarme : une horde de barbares rôderait aux abords de la cité. Le souverain impose aux habitants des mesures de plus en plus contraignantes pour se protéger… même si personne n’a jamais vu l’ombre d’une menace. La peur de l’autre gagne le peuple qui se rend docile à la perte progressive de ses libertés. Heureusement, Milann,
revenant d’un long voyage, est choqué de voir sa ville ressembler à une prison. Il va aider les habitants à réagir.
Ce conte, très engagé, est inspiré par la fable Les grenouilles qui demandent un roi. Il nous sensibilise au pouvoir de la résistance, à la liberté d’expression, au droit de vote, à la démocratie. Et surtout, sa morale s’adresse au peuple et non à l’individu. Le texte est accompagné d’illustrations en pleine page pour permettre aux enfants de s’immerger dans cette histoire.
Michelle LECARME
ENCRES VAGABONDES
18 mai 2022
Le roi Aleksander, onzième de son nom, commence son règne. Il veut une puissante armée et donc lève un impôt. Beaucoup se révoltent et cette taxe est abandonnée. Quelque temps plus tard, une nouvelle annonce est faite au peuple pour le prévenir que des étrangers menacent le royaume, ils doivent se barricader et l’impôt pour agrandir l’armée est nécessaire. Personne ne se révolte. Puis la construction d’un rempart devient indispensable. Personne n’a encore vu cette armée ennemie mais tout le monde a peur.
Un jour, Milann rentre d’un long voyage. Sa ville est transformée. La crainte est palpable mais il n’arrive pas à convaincre les habitants qu’il n’a vu aucun danger à l’extérieur. Peu à peu, il reprend ses habitudes d’avant au grand étonnement de ses concitoyens et sort sans problème de la ville barricadée.
Les restrictions de liberté imposées par le roi Aleksander continuent et Milann montre que tous ces dangers se situent dans la tête du roi.
« Milann fendit la foule tranquillement, et le silence se propagea à chacun de ses pas. Il interpella le Grand Ordonnateur
– Pourquoi le roi veut-il interdire au peuple de s'exprimer ?
– Tu ne sais donc pas, pauvre ignorant ?! répondit l'émissaire du souverain, Sa Grandissime Majesté veut nous protéger du danger qui menace !
– Quel danger ? Quelle menace ?! s'exclama le jeune homme. Moi qui me promène tous les jours dans la campagne, je n'ai jamais croisé le début du commencement de l'ombre d'un seul ennemi.
– Tu as la mémoire courte ! Tu oublies le soldat sauvagement assassiné...
– Vous voulez dire le soldat décédé ? Je le connaissais bien, c'était mon cousin, Il est mort, en effet, mais d'une blessure accidentelle, et non pas assassiné par un étranger. »
Toute la problématique du pouvoir et des relations avec le peuple est posée dans cet album qui met en évidence l’importance de ne pas croire sans limite ce que disent les représentants du pouvoir. Cela interroge sur le libre arbitre et la possibilité pour chacun de vérifier ce qui est dit. La restriction des libertés du peuple sert le désir de pouvoir plutôt que le bonheur de tous.
C’est un album essentiel pour en discuter avec les jeunes.
Les dessins, réalisés au crayon par Pierre-Yves Cezard, sont colorisés numériquement par Caroline Taconet, avec une approche graphique proche de la BD qui plaira aux plus grands.
Brigitte Aubonnet
Retrouvez cette chronique sur le site de Encres Vagabondes ici !
LE COIN DES P’TITS LOUPS ! N°92
24 avril 2022
Le roi est mort, vive le roi ? Pas vraiment, non… Car le nouveau monarque d’Aubaka ne fait pas vraiment l’unanimité auprès de ses sujets… Prétextant une imminente et hypothétique invasion barbare, il commence petit à petit à imposer de drastiques contraintes à son peuple, sous le fallacieux prétexte de le protéger. Il lève tout d’abord un impôt afin d’engager une armée puissante… Puis il oblige chaque citoyen à parer ses fenêtres de barreaux… Et pour finir, il fait construire de puissants remparts autour du royaume… Et malheur à ceux qui s’opposent à lui ! Autrefois si gaie, Aubaka est devenue d’une tristesse infinie… Les gens, barricadés à double tour chez eux, ne communiquent plus et la peur règne partout, bien qu’aucun signe ne puisse faire envisager le moindre danger… C’est dans cette ambiance délétère que Milann, un jeune compagnon ébéniste, retrouve sa cité. Alerté des terribles dangers qui menacent Aubaka, Milann ne comprend pas… Lui qui a beaucoup voyagé sur les chemins autour du royaume n’a pas vu l’ombre d’un soldat menaçant ! Refusant de se terrer comme tous les habitants, Milann décide de leur prouver que les dangers annoncés par le roi ne sont que chimères pour les affaiblir et les avoir à sa botte… Liberté d’expression bafouée, dérives du pouvoir, peur de l’autre et de l’étranger alimentée par les puissants qui en tirent profit… Toutes les ficelles de l’autoritarisme sont ici décryptées habilement, en mettant en lumière la progression insidieuse de mesures liberticides qui endorment un peuple qui, s’il n’en prend conscience, se réveille en dictature… Cet album fort et engagé tombe à point nommé à l’heure où nous nous apprêtons à voter pour les élections présidentielles… De quoi donner matière à réflexion aux futurs citoyens de demain… Et d’aujourd’hui !
Christine Le Garrec
Retrouvez la chronique sur le site de A vos marques tapage
ENNA LIT, ENNA VIT !
22 avril 2022
La maison d’édition m’a proposé cet album car ils avaient aimé mon avis sur « Paris Paradis » et je suis toujours curieuse de voir des album jeunesse pour les plus grands.
Dans un royaume plutôt paisible, le nouveau roi veut augmenter l’impôt pour agrandir l’armée. La population refuse mais plus tard, on annonce qu’un soldat a été tué à l’extérieur du village par des barbares. Il est alors demandé aux habitants de protéger leurs maisons pour éviter le danger et tout le monde suit les recommandations. Puis, on leur dit que les barbares sont aux portes du village alors les hommes vont construire une forteresse pour se protéger… Et ils évitent de plus en plus de sortir du village par peur…
Puis un jour, Milann, un jeune homme du village revient de voyage et il ne comprend pas ce qui s’est passé en son absence. Et lui ne se plie pas à toutes les nouvelles règles qui se sont imposées aux autres villageois petit à petit. Il profite de la campagne et informe les autres qu’il n’y aucun danger à l’extérieur…
J’ai lu cet album entre les deux tours des élections présidentielles et je ne parlerai pas politique mais cette histoire m’a vraiment fait penser à ces partis politiques qui attisent la peur des gens et même qui créent des peurs, la peur de l’autre, la peur de l’étranger et qui font que même des gens qui n’ont jamais rencontrés ces autres en aient malgré tout peur… Et donc, je pense que cet album est très intéressant pour illustrer auprès de plus jeunes cette manipulation tellement fréquente.
Merci aux Editions Utopique !
Retrouvez cette chronique sur le blog de "Enna lit, Enna Vit !"
ENFANCE MAJUSCULE
20 avril 2022
UNE FABLE CONTEMPORAINE QUI FAIT DU BIEN ET NOUS RAPPELLE CELLE DE LA GRENOUILLE DONT ELLE EST INSPIRÉE. SI ELLE EST PLONGÉE DANS L’EAU BOUILLANTE, ELLE S’ÉCHAPPE D’UN BOND. DANS L’EAU FROIDE CHAUFFÉE PROGRESSIVEMENT, ELLE MEURT ÉBOUILLANTÉE. C’EST CE QUI AURAIT PU ARRIVER AU PEUPLE D’AUBAKA !
A Aubaka, le nouveau roi agite la peur de l’étranger pour assouvir son pouvoir. Ses exigences progressives, des barreaux aux fenêtres, des impôts pour une nouvelle armée et même une muraille pour protéger la ville. Chacun se cloitre chez soi et le royaume s’enfonce dans un enfer gris et froid.
Une phrase se répète comme un refrain : « personne n’a vu le début du commencement de l’ombre d’une menace » qui nous montre combien la population est sous emprise.
Heureusement un jeune homme, Milann, sorte de compagnon ébéniste qui a beaucoup voyagé est de retour chez lui. Il comprend de suite que, ce n’est plus sa ville mais une prison. C’est lui qui va apporter le printemps. Il se promène partout et ne voit nulle part danger ou menace !
On avait argué d’un soldat assassiné, mais il s’agissait de son cousin et sa mort était accidentelle, et Milann décide de les emmener voir par eux-mêmes, et le Roi ne parvient pas à le faire arrêter. Ils font le même constat que Milann à son arrivée : « on dirait une prison ». Ils ne comprennent pas comment ils ont pu accepter tout ça !
Milann a là encore l’explication : « Si le roi vous avait imposé d’un coup, les barreaux, la muraille et toutes ces interdictions, vous ne lui auriez peut-être pas obéi si facilement ».
Ils continuent à explorer et comme « personne n’a vu le début du commencement de l’ombre d’une menace » ils vont scier les barreaux, démonter la muraille et le roi fuit.
Pour remplacer le Roi, Milann propose des élections…
Jolie fable qui permet de faire comprendre aux enfants qu’il ne faut pas toujours se soumettre à l’autorité.
De très belles illustrations donnent une impression d’autrefois, mais les adultes sauront trouver des ressemblances avec certaines actualités.
Écrit par Didier Jean et Zad, les dessins de Pierre-Yves Cézard sont colorisés numériquement par Caroline Taconnet, l’ouvrage proche de la BD est publié par Utopique dans la collection Bisous de famille.
Liliane Chalon
Retrouver la chronique sur le site de Enfance majuscule
QUESTIONS DE CLASSE(S)
7 avril 2022
Un nouveau souverain dirige Aubaka. A peine sur le trône, il évoque la sécurité et veut doter la ville et le royaume d’une puissante armée. Les habitants opposent une résistance, n’ayant jamais eu quelque peur que ce soit vis à vis d’étrangers à la ville. Le roi utilise la rumeur pour parvenir à ses fins en semant la peur de l’envahisseur… Les habitants s’y engouffrent, une menace pèse, ils doivent s’en protéger. Quelques temps plus tard, Milann arrive en ville, il revient d’un long compagnonnage à travers le pays et ne reconnaît plus Aubaka, la méfiance a remplacé la sérénité. Et comme le jeune homme n’a jamais croisé le début du commencement de l’ombre d’un seul ennemi, il va le démontrer aux habitants qui convaincus vont réussir à faire fuir le roi.
Un petit conte à message comme savent si bien le faire Didier Jean et Zad. La remise en question du pouvoir et de ses abus. Rester vigilants et critiques car la crédulité est nuisible à l’harmonie. Savoir résister à l’injustice et à la bêtise. Le texte est accompagné d’illustrations pleines pages qui lui font écho pour nous plonger dans la vie de cette ville et des moments forts de l’histoire.
François SPINNER
Retrouver la chronique sur le site de Questions de classe(s)
LI&JE
3 avril 2022
Lorsqu’il prend le pouvoir à Aubaka, le nouveau roi, Alexander XI, annonce qu’il va lever un impôt pour constituer une puissance armée. Devant le refus du peuple, il renonce. Mais, lorsque le Grand Ordonnateur annonce qu’un soldat est mort en patrouille, chacun obéit à l’ordre royal de mettre des barreaux aux fenêtres. Puis lorsqu’il annonce que les espions ont vu les ennemis aux portes de la ville, tout le monde prête mainforte pour construire des remparts. C’est alors que le jeune Milann revient d’un long voyage, et déclare qu’il n’y a pas d’ennemis dans les parages. Et Milann de sortir à sa guise de la ville, pour cueillir des plantes. Des caricatures du roi se mettent à apparaitre sur les murs, reprenant un bon mot de Milann. Caricatures aussitôt interdites, pour la sécurité de tous, par le monarque. Et lorsque Milann révèle la vérité sur la mort du soldat hors des murs, les soldats refusent d’obéir à l’ordre de le saisir, et tout le peuple sort de la ville. Comme on s’en doute, le roi quitte le château, par une porte dérobée, et s’installe la démocratie…
Cette histoire, inspirée d’une fable qui dit que, si on veut ébouillanter une grenouille, il faut la tremper dans de l’eau de plus en plus chaude pour qu’elle s’y habite, a des échos tristement contemporains. Jusqu’où sommes-nous prêts à sacrifier un peu de nos libertés pour un peu de sécurité ? Jusqu’à quel point sommes-nous prêts à croire les fake-news fabriquées par le pouvoir en place ? Que devient alors notre esprit critique et notre raison ? Qui sera celui qui dit que le roi ment, et que nos peurs n’ont d’autres raisons que sa volonté de nous museler ? Ce dont parle aussi l’ouvrage, c’est de la place du rire dans nos sociétés. D’un côté, on a le nouveau roi, que personne n’a jamais vu sourire, de l’autre on a l’esprit libre et fantaisiste de Milann et le pouvoir des caricatures. Le rire a bien le pouvoir de subvertir l’ordre établi, de libérer, et c’est pourquoi le pouvoir l’interdit. On le voit, cette fable pose de nombreuses questions, et ce royaume imaginaire, par bien des aspects, fait écho à notre monde contemporain. Avec finesse, car tout est ici suggéré plutôt que dit, montré à travers les actes et les paroles des personnages, ainsi que par les illustrations, le plus souvent en pleine page, qui nous plongent dans une époque volontairement indéfinie. S’il y a bien des lignes électriques, les machines pour construire les remparts sont celles des ouvriers du moyen-âge… Les costumes évoquent tantôt le moyen-âge, tantôt le XIXème siècle. A la fin ce sont des vêtements contemporains et des cartables sur le dos des enfants qui disent le présent. Tout cela contribue à montrer que ce texte est intemporel, et qu’il souligne le pouvoir de résistance qui traverse les époques, la force du peuple lorsqu’il est uni pour abattre les dictatures, mais aussi la façon dont certains pouvoirs instrumentalisent la xénophobie pour le maintenir en soumission. Les techniques employées pour l’illustration, crayonnés de Pierre-Yves Cezard, mis en couleur numériquement par Caroline Taconet, évoquent la ligne claire de la bande dessinée. L’univers représenté n’est pas sans faire penser au dessin animé Le Roi et l’oiseau.
Un album qui répond parfaitement à son double objectif. D’une part, comme toute fiction, raconter une histoire captivante, aux personnages bien posés, d’autre part faire réfléchir, par l’entremise de cette fiction, à notre propre société, le tout à hauteur d’enfant… même s’il n’y a pas d’enfant héros dans cette histoire, juste un jeune homme libre !
Michel DRIOL
Retrouver l'article en ligne sur Li&Je
ANIMATION & ÉDUCATION
Mars-avril 2022
Quand, après cinquante-quatre années de règne paisible sur Aubaka, le roi Alexander X, juste et généreux, disparaît, son successeur que personne n’avait jamais vu sourire monte sur le trône. Rapidement, ce triste sire, couronné sous le nom d’Alexander XI, fait proclamer des mesures liberticides. À la levée d’un impôt pour se doter d’une puissante armée, alors que le royaume vit en paix depuis tant d’années, le peuple se révolte. Mais, au fil des mois, les nouvelles annonces sont acceptées : pose de barreaux aux fenêtres, construction d’un rempart de protection contre un ennemi soi-disant menaçant mais toujours invisible… Peu à peu, au cours de l’automne puis d’un hiver gris et froid, le petit royaume d’Aubaka se referme sur lui-même.
Au printemps, un jeune homme cogne aux portes du royaume. C’est Milann, qui rentre d’un long voyage au-delà des frontières, pendant lequel il a accompli son périple d’aspirant compagnon. Il reconnaît à peine sa ville, tant elle a changé. Milann a beau dire qu’il n’a rencontré aucun danger en chemin, les gardes ne veulent pas le croire. Le jeune homme n’accepte pas de se plier aux règles imposées, il repeint les volets de sa maison de couleurs vives, refuse d’installer des barreaux, part régulièrement dans la campagne chasser et collecter des plantes sauvages.
Au retour d’une de ses sorties, à ses voisins qui lui conseillent d’être plus prudent, il répond « Croyez-moi, il n’y a pas plus d’étrangers menaçants autour d’Aubaka que de pain rassis dans l’assiette du roi ! ». La plaisanterie se propage comme une traînée de poudre. Bientôt des caricatures du roi sont placardées sur les murs. Quand le Grand Ordonnateur annonce qu’il est interdit dorénavant d’afficher, sans autorisation, des images du roi, que va-t-il se passer ?
Ce récit intemporel est inspiré d’une fable qui raconte que si on l’on jette une grenouille dans l’eau bouillante, celle-ci s’enfuit d’un bond. Mais au contraire, si on la plonge dans l’eau froide que l’on porte peu à peu à ébullition, l’animal s’habitue à l’élévation progressive de la température et meurt ébouillanté.
Cette histoire écrite par les auteurs de l’album iconique « L’agneau qui ne voulait pas être un mouton » invite le lecteur à ne pas se laisser endormir par les charlatans de toute sorte. Elle offre un excellent support à un débat sur l’exercice du pouvoir et les moyens qui peuvent être mis en place pour le contrôler collectivement.
Philippe Paillard
Chronique à retrouver dans la revue en ligne p42
Sous la couverture
Ce livre a encore des choses à vous raconter.
Interview « livre ouvert » avec Caroline Taconet
Douze questions à Caroline Taconet, illustratrice d’« Un Vent meilleur » et de la couverture de « Sweet Homme ». Si j’étais un signe de ponctuation ? La virgule.
Didier JEAN & ZAD - éditeurs couteaux suisses
Avant la cabane d’édition, il y a eu une peintre et un musicien. Le parcours de Didier Jean et Zad, de l’atelier de Zad aux six albums d’Uman, jusqu’aux livres qu’ils écrivent et illustrent aujourd’hui.
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