L'univers fascinant du Dominatus

Un album écrit et illustré par Didier JEAN et ZAD.

Le Dominatus, quelle civilisation étrange à étudier ! Quelle source de pittoresque ! Le professeur Formick a travaillé sur le terrain, observant, collectant des documents pour tenter d’accéder au point de vue indigène...

Code EAN : 9782953373912

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16,50€

Il a décidé avec cet ouvrage de lever enfin le voile sur ce drôle d’animal, exposant ici une synthèse de ses travaux ethnologiques. Il ressort de cette étude que le mammifère bipède a l’intime conviction d’être le centre de l’Univers, le stade ultime de l’évolution et qu’il dispose à sa guise des richesses de notre planète.

À partir de 11 ans

  • Date de parution OCTOBRE 2009

BLOG LISEZJEUNESSEPG

22 Mai 2016

Un conte philosophique

PROFESSEUR FORMICK, L’Univers fascinant du Dominatus, traduction Didier JEAN et ZAD, éditions 2 Vives voix/Utopique, 2009, 64 p. 16€50                     Pour tous les âges

L’espèce humaine, ici rebaptisée Dominatus, est passée au microscope du professeur Formick, scientifique fourmi doublée d’anthropologue. C’est l’évolution de cet « étrange mammifère bipède » dans son rapport à l’environnement, à ses congénères et aux autres membres de l’ordre du vivant qui intéresse la science. Ce conte philosophique choisit un regard tiers pour mieux voir les caractéristiques d’une espèce envahissante, devenue dominatrice : « convaincu que la Terre et toutes ses richesses lui appartiennent, le Dominatus pense pouvoir en disposer à sa guise. Il a en outre l’intime conviction d’être le centre de l’univers, le stade ultime de l’évolution ». Mais, ne se rendant pas compte qu’il met en péril la « planète Humus », il se montre « dangereux pour lui-même ». Les images sont faites de photographies et collages avec des dessins sur-imprimés en noir et blanc. Toutes les caractéristiques de la civilisation occidentale sont détaillées : culte des objets, passion de la domination et organisation des soumissions, naturalisation des inégalités, modalités spécifiques à l’espèce de la sélection sexuelle, rites funéraires, sportifs et sociaux, irrationnel de certains désirs, comme celui du stockage, du déchet et de leur traduction artistique en installations érigées en l’honneur de la civilisation dominatusienne.

L’album met l’accent sur le lien entre l’élan irrationaliste religieux et le culte de la consommation : la croyance en la science a pour revers l’entretien du spiritualisme mystique pour former une seule et même entité historique, celle de Dominatus.

Par cet album, au format italien, de petite taille, Zad et Jean proposent une réflexion humoristique et sarcastique de notre civilisation. L’ironie sert la critique sans concession du capitalisme. L’album rappelle, aussi, que pour mieux connaître les Autres, pour mieux comprendre le monde, il faut aussi accepter de poser un regard sur soi. C’est à ce prix que, détruisant les barrières des civilisations construites par le mode de production dominant, l’humain pourra, seulement, « reconnaître (…) l’Autre comme un semblable autrement construit » (1). Les observations du professeur Formick induisent que le Dominatus, pour se sortir de son cheminement à sa propre destruction, devrait prendre conscience des conditions de vie réelles qu’il a fabriquées et qu’il impose aux quatre coins de sa planète.

Un livre indispensable à toute bibliothèque, à tout centre de documentation et d’information, un album à faire étudier en classe pour former la réflexion par l’analyse de la fiction.

Philippe Geneste

(1) Tort, Patrick, Sexe, race et culture, conversation avec Régis Meyran, Paris, Textuel, 2014, 108 p. – p.11

http://lisezjeunessepg.blogspot.fr


CRITIQUES LIBRES

Janvier 2011

Le Dominatus ou l'histoire d'une rencontre

Déambulant de stand en stand à la recherche d'un livre qui m'attire, j'aperçois L'univers fascinant du Dominatus. Qu'est-ce qu'un Dominatus ? Bonne question. Je me pose la même. Surtout que la couverture, un dessin avec l'évolution du singe qui devient homme puis ... retombe dans des ordures, le tout sur fond de photo d'usine polluante, intrigue plus qu'elle ne répond. J'ouvre le livre. Le hasard me guide et, sans passer par la page explicative. Je découvre la double page : à gauche, dans une forêt une femme pousse un caddie, un homme est voûté sous le poids de ses sacs de commission.  À droite, le texte " le mâle et la femelle partagent le devoir de chasser pour rapporter la nourriture à leurs petits. La collecte des denrées occupe une bonne part de leur temps car, contrairement aux autres animaux, qui se nourrissent en fonction de leurs besoins, il arrive que ce bipède mange alors qu'il n'a pas faim. Il a en outre un besoin irrationnel de stocker d'importantes quantités d'aliments, qu'il conserve à très basse température. " 

Sous des airs d'enquêtes ethnologiques, ce livre est une critique humoristique de l'évolution de l'homo sapiens. Oups j'ai donné la définition du dominatus... Peut être mais il y a encore tellement à apprendre sur son univers. Accessible à tous à partir de 10 ans, je suis pile dans le créneau ! Je relève la tête et dit  : " je le prends ". 


GRIFFON 222

La place dominante de l’homme dans le monde n’est pas un mystère. Nous suivons sur le terrain le professeur Formick dans son exploration de notre monde où la position centrale est celle de “l’homo dominatus”, une position qui lui a fait exploiter les richesses de la terre à son seul profit, ignorant ou semblant ignorer que les richesses du monde sont finies et que s’il continue de la sorte c’est un monde beaucoup moins attirant qu’il laissera aux générations futures. Outre les textes du professeur Formick, proposés sur un papier qui imite le papier artisanal, Didier Jean et Zad ont signé les illustrations : des photos couleurs plus ou moins reprises et transformées sur lesquelles Zad a ajouté ses dessins. Si les photos sont en couleurs, les dessins de Zad représentent des personnages dont la blancheur est soulignée par des traits noirs assez épais. . Le contraste est étonnant mais forme une illustration curieusement très homogène. Un livre pour nous faire sérieusement réfléchir tout en gardant un côté distrayant. Du beau travail.

64 pages couleur, format 16 x 24, à partir de 8 ans, 16 €.

Chez le même éditeur Envole-toi ! de Didier Jean et Zad, une réédition de l’album paru aux éditions Syros jeunesse sous le titre Ces matins-là, Griffon n° 204 de novembre 2006. 40 pages, format 22 x 32, 15 €.

JEAN BIGOT

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